La carrière

samedi 14 février 2015
par  Hadès
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Le rocher qui domine le Rhône en aval de Genissiat porte la marque peu apparente de l’exploitation des carrières dites de Seyssel.

Celles de la rive droite se situent sur la commune de Surjoux (01). Franclens, pour sa part en abrite quatre, qui ont fourni, de l’antiquité à la fin du XIXe siècle, au moins par intermittences, un grès calcaire « d’un beau blanc, onctueux au toucher, tendre et se coupant au couteau… durcissant par exposition à l’air » ; en revanche, sa fragilité et sa sensibilité aux intempéries ne le recommandent pas pour les parties les plus exposées d’un monument (base ou corniches).

Les facilités du transport offertes par le Rhône en aval expliquent sans doute le large emploi qui fût fait de la « pierre de Seyssel » pour la construction de Lugdunum (Lyon). Izernore, Boutae (Annecy) l’ont aussi utilisée.

L’exploitation s’est ralentie au Moyen Age pour reprendre, semble-t-il au milieu du XVIIe siècle ; On emploie alors cette pierre à l’abbaye Saint-Pierre de Lyon.

La restauration de l’abbaye dHautecombes (à partir de 1825), la construction de la préfecture d’Annecy (1864) y font largement appel.

Cependant, l’exploitation s’est trouvée freinée à Franclens dans la deuxième moitié du XIXe siècle, lorsque l’arrivée du chemin de fer eut avantagé les exploitations de Surjoux, pourtant de moindre qualité.

L’évolution des techniques du bâtiment, avec l’abandon de la taille, a rendu irrémédiable l’arrêt de l’exploitation. MM. P.Dufournet et P.Broise ont relevé soigneusement l’emplacement des carrières : la plus belle est celle de Sainte-Foy, immense grotte artificielle d’une surface de 7663 m2 dont la voûte est soutenue par 6 « piliers » que les carriers avaient pris la précaution de laisser subsister.

Dans la « chambre aux fées » les ouvriers avaient érigé un autel à Saite-Foy, succédant peut être à un culte antique.

La carrière de la Trappe, au nord, exploitée sans précautions suffisante, s’est effondrée selon la tradition locale, en écrasant les carriers qui y travaillaient. On suppose que cet effondrement a eu lieu au XVIII e siècle.


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